Le vieillissement de la population représente l’un des défis sanitaires majeurs du XXIe siècle. En France, les personnes de plus de 65 ans constituent aujourd’hui près d’un quart de la population, une proportion qui pourrait atteindre un tiers d’ici 2050. Face à cette réalité démographique, la question n’est plus seulement de vivre plus longtemps, mais de vivre mieux et en meilleure santé. L’espérance de vie après 50 ans en France figure parmi les plus élevées de l’Union européenne, mais le nombre d’années vécues en bonne santé reste perfectible. La prévention de la perte d’autonomie est devenue une priorité de santé publique, et les stratégies fondées sur des données scientifiques solides permettent aujourd’hui d’optimiser votre qualité de vie au cours de l’avancée en âge.

Nutrition gérontologique : protocoles alimentaires pour le maintien de la masse musculaire après 65 ans

La nutrition joue un rôle fondamental dans la préservation de votre autonomie et de votre vitalité après 65 ans. Les besoins nutritionnels évoluent avec l’âge, et les recommandations générales destinées aux adultes jeunes ne s’appliquent plus systématiquement aux seniors. La sarcopénie, cette perte progressive de masse musculaire liée au vieillissement, touche près de 10 à 13% des personnes de plus de 55 ans en France et augmente de manière exponentielle avec l’avancée en âge. Cette diminution de la masse musculaire compromet la mobilité, augmente le risque de chutes et d’hospitalisation, et réduit significativement votre qualité de vie quotidienne.

Apport protéique optimal : 1,2g/kg de poids corporel et sources biodisponibles

Contrairement aux idées reçues, vos besoins en protéines augmentent après 65 ans. Les études scientifiques récentes recommandent un apport minimal de 1,2 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel par jour, soit environ 84 grammes pour une personne de 70 kg. Cette quantité doit être répartie sur les trois repas principaux pour optimiser la synthèse protéique musculaire. Les protéines animales comme les œufs, la viande blanche, le poisson et les produits laitiers offrent une biodisponibilité supérieure aux protéines végétales, car elles contiennent tous les acides aminés essentiels. Cependant, les légumineuses associées aux céréales constituent une alternative nutritionnellement complète pour les personnes suivant un régime végétarien. L’absorption des protéines diminuant avec l’âge, privilégiez des sources facilement digestibles et fractionnez votre apport tout au long de la journée.

Supplémentation en vitamine D3 et calcium pour la prévention de l’ostéoporose

L’ostéoporose représente une menace sérieuse pour votre santé osseuse après 60 ans, particulièrement chez les femmes ménopausées. Cette pathologie silencieuse fragilise progressivement votre squelette et multiplie les risques de fractures, notamment de la hanche, dont les conséquences peuvent être dramatiques. La vitamine D3 joue un rôle crucial dans l’absorption du calcium et la minéralisation osseuse. Après 65 ans, une supplémentation quotidienne de 800 à 1000 UI de vitamine D3 est généralement recommandée, surtout si votre exposition au soleil reste limitée. Parallèlement, un apport calcique de 1000 à 1200 mg par

mg par jour est souhaitable, idéalement via l’alimentation (eaux riches en calcium, produits laitiers, légumes verts). En cas d’apports alimentaires insuffisants ou de facteurs de risque (ostéoporose avérée, antécédent de fracture, corticothérapie au long cours), votre médecin pourra vous prescrire une supplémentation combinée calcium + vitamine D, après évaluation de votre situation (fonction rénale, calcémie, interactions médicamenteuses). Un suivi régulier est indispensable pour ajuster les doses et éviter la calcification des artères ou les calculs rénaux, notamment chez les seniors polymédiqués.

Régime méditerranéen et MIND diet : neuroprotection cognitive documentée

Au-delà de la masse musculaire et de la santé osseuse, votre alimentation influence directement le vieillissement de votre cerveau. Deux modèles alimentaires se distinguent par la solidité de leurs preuves scientifiques en matière de prévention du déclin cognitif : le régime méditerranéen et le MIND diet (pour Mediterranean-DASH Intervention for Neurodegenerative Delay). Ils reposent sur une forte consommation de fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses, huile d’olive, poissons gras, fruits à coque, avec une limitation stricte des produits ultra-transformés, charcuteries, fritures et sucres ajoutés.

Plusieurs grandes cohortes internationales ont montré qu’une bonne adhésion à ces régimes est associée à une réduction de 30 à 50 % du risque de maladie d’Alzheimer et de troubles neurocognitifs majeurs. Concrètement, cela signifie pour vous : intégrer des légumes verts à feuilles presque chaque jour, consommer des baies (fraises, myrtilles, framboises) plusieurs fois par semaine, choisir systématiquement l’huile d’olive comme matière grasse principale et prévoir du poisson deux à trois fois par semaine. Plutôt que de chercher le « super-aliment miracle », il s’agit d’ancrer une façon de manger protectrice, régulière et durable.

Le MIND diet insiste particulièrement sur certains groupes d’aliments « amis du cerveau » (légumes verts, autres légumes, noix, céréales complètes, poisson, volaille, huile d’olive) et sur la réduction des aliments « ennemis » (viandes rouges, beurre, pâtisseries, fromages gras, plats frits). Vous pouvez progressivement adapter vos menus en ajoutant chaque semaine un nouvel « aliment protecteur » et en remplaçant un produit ultra-transformé par une alternative maison. Comme pour l’entretien d’un jardin, c’est la constance quotidienne, plus que les efforts ponctuels, qui protège votre capital cognitif sur le long terme.

Hydratation systématique : compensation de la diminution de la sensation de soif

Avec l’âge, la sensation de soif diminue, alors même que les besoins hydriques restent élevés, notamment en cas de forte chaleur, de fièvre ou de prise de certains médicaments (diurétiques, laxatifs). La déshydratation chez le senior peut se manifester par une simple fatigue, une confusion, des chutes ou une aggravation brutale de maladies chroniques. C’est pourquoi il est recommandé d’adopter une hydratation systématique, c’est-à-dire de boire avant même d’avoir soif, environ 1,5 à 2 litres de liquide par jour, sauf contre-indication médicale.

Comment faire concrètement ? Vous pouvez par exemple répartir 6 à 8 verres d’eau au cours de la journée, en les associant à des repères fixes : au lever, à chaque repas, en milieu de matinée et d’après-midi, puis en début de soirée. Les tisanes, bouillons, potages et eaux aromatisées maison (eau + rondelles de citron ou de concombre) contribuent également à votre hydratation, tout en variant les plaisirs. En revanche, l’alcool ne doit pas être comptabilisé dans vos apports hydriques, car il favorise au contraire la déshydratation et augmente les risques de chute et de troubles cognitifs.

Si vous avez des problèmes de continence, il peut être tentant de réduire volontairement vos apports hydriques : cette stratégie est en réalité contre-productive, car elle irrite la vessie, favorise les infections urinaires et accentue la constipation. Il est préférable d’en parler avec votre médecin ou un urologue, qui pourra proposer des solutions adaptées (rééducation périnéale, aménagement des horaires de prise de boisson, traitement spécifique). Vous pouvez également utiliser une carafe graduée posée en évidence sur la table pour visualiser la quantité d’eau à boire sur la journée et vérifier, d’un simple coup d’œil, que votre objectif est atteint.

Activité physique adaptée : programmes validés pour le vieillissement actif

L’activité physique constitue, avec la nutrition, l’un des piliers majeurs du vieillissement en bonne santé. Les recommandations internationales (OMS) conseillent aux plus de 65 ans au moins 150 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée, complétées par des exercices de renforcement musculaire et d’équilibre deux à trois fois par semaine. L’enjeu n’est pas de « faire du sport » au sens compétitif, mais de bouger régulièrement, avec des programmes validés scientifiquement, pour préserver votre force, votre souffle et votre autonomie. Même si vous n’avez jamais été sportif, il n’est jamais trop tard pour commencer : des bénéfices significatifs sont observés quel que soit l’âge de début.

Renforcement musculaire progressif : méthode pilates senior et exercices avec bandes élastiques

Le renforcement musculaire est indispensable pour lutter contre la sarcopénie et prévenir la perte d’autonomie. La méthode Pilates, adaptée aux seniors, met l’accent sur le gainage, la posture et la respiration, avec des mouvements lents et contrôlés qui respectent les articulations. Réalisé sur tapis, parfois avec l’aide d’une chaise ou de petits accessoires, le Pilates senior permet de renforcer le tronc, les hanches et les épaules, zones clés pour la stabilité et la prévention des chutes. Des études montrent qu’un entraînement bihebdomadaire de 45 minutes pendant plusieurs mois améliore significativement l’équilibre, la force et la qualité de vie.

Les bandes élastiques représentent un autre outil simple, peu coûteux et très efficace pour le renforcement musculaire à domicile. Elles permettent d’ajuster progressivement la résistance, en fonction de votre forme et de vos éventuelles limitations articulaires. Vous pouvez par exemple travailler les biceps, les triceps, les muscles fessiers et les quadriceps avec des séries courtes (8 à 12 répétitions), en veillant à garder une respiration fluide. Comme pour la montée d’un escalier, l’idée est de progresser marche après marche : commencer avec une faible résistance, puis augmenter très progressivement l’intensité et la durée, idéalement sous la supervision initiale d’un kinésithérapeute ou d’un éducateur en activité physique adaptée.

Travail proprioceptif et prévention des chutes : protocole otago et atelier équilibre

Les chutes représentent l’une des principales causes d’hospitalisation et de perte d’autonomie chez les plus de 75 ans. Le travail proprioceptif, c’est-à-dire la capacité du corps à percevoir sa position dans l’espace, est central pour limiter ce risque. Le protocole Otago, développé en Nouvelle-Zélande et validé par de nombreuses études, associe des exercices de renforcement des membres inférieurs et des exercices d’équilibre (appuis unipodaux, marche en tandem, lever de chaise répétés). Mis en œuvre à domicile ou en petits groupes, sous la conduite d’un professionnel, ce programme réduit de 30 à 40 % le nombre de chutes chez les seniors fragiles.

Les ateliers équilibre proposés par les caisses de retraite, les centres municipaux ou les réseaux de prévention reposent souvent sur les mêmes principes : variabilité des appuis, déplacements dans différentes directions, utilisation d’objets (ballons, plots, obstacles bas) pour solliciter la coordination. Vous pouvez par exemple travailler l’équilibre en vous tenant debout sur un pied en vous tenant légèrement à un support, puis en diminuant progressivement l’aide. L’objectif n’est pas de vous mettre en difficulté, mais d’exposer votre système d’équilibre à des défis contrôlés, comme on entraînerait un « radar interne » à mieux détecter les changements de position.

Endurance cardiorespiratoire : marche nordique et aquagym à intensité modérée

Le travail d’endurance cardiorespiratoire améliore votre capacité à réaliser les activités du quotidien sans essoufflement excessif et réduit le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de certains cancers. La marche nordique, avec ses bâtons spécifiques, sollicite à la fois le bas et le haut du corps, augmentant la dépense énergétique de près de 20 à 30 % par rapport à la marche classique, tout en diminuant les contraintes sur les articulations. C’est une activité particulièrement adaptée après 60 ans, à condition de démarrer progressivement et, idéalement, d’apprendre la technique dans un club ou lors d’ateliers dédiés.

L’aquagym et la nage en piscine chauffée représentent une autre option très intéressante pour les seniors. L’eau soutient le poids du corps, réduit l’impact sur les articulations et permet d’augmenter l’amplitude des mouvements sans risque majeur, tout en travaillant efficacement le cœur et la respiration. Des séances de 30 à 45 minutes, une à trois fois par semaine, à une intensité modérée (vous devez pouvoir parler pendant l’effort sans être complètement essoufflé) suffisent pour obtenir des bénéfices significatifs. En choisissant une activité qui vous plaît réellement, vous augmentez vos chances de la maintenir sur le long terme, ce qui constitue le véritable secret d’un vieillissement actif.

Mobilité articulaire : yoga sur chaise et stretching doux quotidien

La mobilité articulaire diminue naturellement avec l’âge, favorisant la raideur, les douleurs et la réduction du périmètre de marche. Le yoga sur chaise offre une alternative sécurisée aux postures traditionnelles, parfois difficiles à réaliser au sol après 70 ans. Assis ou en appui sur une chaise, vous travaillez en douceur les flexions, rotations et étirements du dos, des épaules et des hanches, en synchronisant les mouvements avec la respiration. Des séances régulières améliorent la souplesse, la stabilité et contribuent à réduire l’anxiété et les tensions musculaires.

Le stretching doux quotidien, même limité à 10 ou 15 minutes, participe également au maintien de votre amplitude articulaire. Vous pouvez par exemple instaurer un rituel matinal ou vespéral incluant des étirements des mollets, des ischio-jambiers, des fléchisseurs de hanche et des muscles du cou. Pensez à ces exercices comme à un « huilage » régulier de vos articulations : quelques mouvements bien choisis, répétés chaque jour, préviennent bien mieux les raideurs qu’une séance intensive de temps en temps. En cas d’arthrose ou de douleurs chroniques, l’avis de votre médecin ou de votre kinésithérapeute permettra d’adapter précisément les mouvements à votre situation.

Suivi médical préventif : dépistages essentiels et examens de routine post-60 ans

Un vieillissement en bonne santé ne repose pas uniquement sur ce que vous faites au quotidien, mais aussi sur un suivi médical préventif structuré. Après 60 ans, la fréquence des maladies chroniques augmente (hypertension, diabète, cancers, maladies neurodégénératives), rendant indispensable une surveillance régulière pour détecter précocement les problèmes et adapter les traitements. Votre médecin traitant joue ici un rôle central : il coordonne les bilans, interprète les résultats, ajuste les prescriptions et vous oriente, si besoin, vers des spécialistes. L’objectif ? Prévenir plutôt que guérir, et limiter les complications évitables.

Bilan cardiométabolique annuel : glycémie, profil lipidique et tension artérielle

Le bilan cardiométabolique annuel constitue la base du suivi médical après 60 ans. Il comprend au minimum la mesure de la tension artérielle, le calcul de l’IMC (indice de masse corporelle), la glycémie à jeun, le profil lipidique (cholestérol total, LDL, HDL, triglycérides) et parfois une fonction rénale et hépatique. Ces paramètres permettent de dépister ou de surveiller l’hypertension artérielle, le prédiabète ou le diabète de type 2, ainsi que les dyslipidémies, principaux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires. Une prise en charge précoce, associant hygiène de vie et traitements médicamenteux si nécessaire, réduit considérablement le risque d’infarctus, d’AVC ou d’insuffisance rénale.

Ce bilan est aussi l’occasion de faire le point sur votre activité physique, votre consommation de tabac et d’alcool, votre alimentation et votre sommeil. N’hésitez pas à préparer vos questions à l’avance et à apporter la liste complète de vos médicaments, y compris les compléments alimentaires ou produits achetés sans ordonnance. Une démarche simple, mais souvent négligée, consiste à conserver un petit carnet (papier ou numérique) dans lequel vous notez vos principaux résultats d’année en année : vous visualisez ainsi vos progrès, et votre médecin peut plus facilement repérer les tendances à corriger.

Dépistage oncologique : coloscopie, mammographie et PSA selon les recommandations HAS

Les programmes de dépistage des cancers organisés en France ciblent particulièrement la tranche d’âge 50-74 ans, mais certaines explorations restent pertinentes au-delà, en fonction de votre état de santé global et de votre espérance de vie. Pour le cancer colorectal, un test immunologique de recherche de sang occulte dans les selles est recommandé tous les deux ans entre 50 et 74 ans. En cas de test positif, ou si vous présentez des facteurs de risque particuliers (antécédent familial, maladie inflammatoire intestinale), une coloscopie sera proposée. La détection précoce de lésions précancéreuses ou de tumeurs débutantes permet des traitements plus simples et un taux de survie bien plus élevé.

Chez les femmes, la mammographie de dépistage est proposée tous les deux ans entre 50 et 74 ans, dans le cadre du programme national. Au-delà de 74 ans, la décision de poursuivre ou non le dépistage se discute au cas par cas avec le médecin, en fonction de votre état général et de vos préférences. Chez les hommes, le dosage du PSA (antigène spécifique de la prostate) ne fait pas l’objet d’un dépistage organisé, mais peut être proposé après information éclairée, notamment en présence de symptômes urinaires ou d’antécédents familiaux. Dans tous les cas, il est important de parler ouvertement de ces questions avec votre médecin, afin de peser ensemble les bénéfices et les limites de chaque examen.

Évaluation gériatrique standardisée : test MNA, MMSE et échelle de fried

À partir de 70 ans, surtout en présence de fragilité ou de polypathologie, une évaluation gériatrique standardisée peut être proposée. Elle ne se limite pas à la recherche d’une maladie précise, mais offre une vision globale de votre état de santé, de votre autonomie et de vos ressources. Le test MNA (Mini Nutritional Assessment) évalue votre statut nutritionnel et permet de détecter un risque de dénutrition, fréquent mais souvent méconnu chez les seniors. Le MMSE (Mini Mental State Examination) explore vos fonctions cognitives (mémoire, orientation, langage) et aide à repérer précocement un trouble neurocognitif majeur ou un simple déficit léger.

L’échelle de Fried, quant à elle, permet de définir le degré de fragilité selon cinq critères : perte de poids involontaire, fatigue, diminution de la vitesse de marche, réduction de l’activité physique et faiblesse musculaire. Être identifié comme « pré-fragile » ou « fragile » n’est pas une fatalité, mais un signal d’alarme utile pour mettre en place des interventions ciblées (réentraînement à l’effort, renforcement musculaire, soutien nutritionnel, ajustement des traitements). Cette approche globale, intégrant à la fois le corps, le mental et l’environnement, constitue aujourd’hui l’un des leviers les plus efficaces pour prévenir la dépendance.

Préservation des fonctions cognitives : stratégies neuroplastiques validées scientifiquement

Le cerveau reste plastique tout au long de la vie : il est capable de créer de nouvelles connexions et de s’adapter, même après 70 ou 80 ans. La préservation des fonctions cognitives chez les seniors ne relève donc pas uniquement de la « chance » génétique, mais aussi d’un ensemble d’habitudes qui stimulent la mémoire, l’attention, les fonctions exécutives et le langage. Comme pour un muscle que l’on entraîne, plus vous sollicitez votre cerveau de manière variée, plus vous renforcez ses réseaux neuronaux et sa résistance aux agressions liées à l’âge ou aux maladies.

Stimulation cognitive multitâche : applications CogniFit et ateliers mémoire

Les programmes de stimulation cognitive structurés, qu’ils soient numériques ou en présentiel, offrent des exercices ciblant différentes fonctions : mémoire immédiate, mémoire de travail, vitesse de traitement, logique, repérage spatial. Des applications comme CogniFit ou d’autres plateformes validées scientifiquement proposent des entraînements personnalisés, avec un suivi de vos performances au fil du temps. Utilisées de manière régulière (par exemple 20 à 30 minutes, trois fois par semaine), elles peuvent contribuer à ralentir le déclin cognitif et à améliorer certaines capacités, en complément d’un mode de vie globalement sain.

Les ateliers mémoire organisés par les caisses de retraite, les CCAS ou les associations de prévention santé présentent l’avantage d’associer stimulation cognitive et lien social. Vous y travaillez la concentration, l’attention, la mémoire verbale ou visuelle, souvent sous forme de jeux ou d’exercices ludiques, dans une atmosphère conviviale. L’enjeu n’est pas de « tout retenir », mais d’apprendre à utiliser des stratégies (association d’idées, visualisation, répétition espacée) que vous pourrez ensuite appliquer dans votre vie quotidienne. En combinant ces approches, vous agissez à la fois sur la « réserve cognitive » et sur la qualité de vie.

Apprentissage permanent : langues étrangères, instruments musicaux et activités créatives

L’apprentissage de nouvelles compétences reste l’un des moyens les plus puissants pour stimuler la neuroplasticité. Que diriez-vous d’apprendre une langue étrangère, de débuter un instrument de musique ou de vous lancer dans la peinture après 65 ans ? Loin d’être réservé aux plus jeunes, cet apprentissage permanent mobilise plusieurs zones du cerveau simultanément (auditives, motrices, visuelles, émotionnelles), renforçant ainsi la résilience cognitive. Des études ont montré que les personnes continuant à apprendre et à se former après la retraite présentent un déclin cognitif plus lent et un risque moindre de démence.

Les universités du temps libre, les MOOC (cours en ligne ouverts à tous) ou les ateliers culturels locaux offrent une grande variété de thématiques : histoire de l’art, informatique, écriture, arts plastiques, chorales, théâtre. En vous fixant de petits objectifs réalistes (par exemple, tenir une conversation simple dans une nouvelle langue au bout de six mois), vous entretenez votre motivation et le sentiment de progression. Comme pour un voyage, le plus important n’est pas seulement la destination finale, mais aussi le chemin parcouru et les rencontres faites en route.

Socialisation active : bénévolat associatif et participation aux universités du temps libre

La socialisation active fait partie intégrante de la préservation des fonctions cognitives. L’isolement social et la solitude augmentent le risque de dépression et de déclin cognitif, tandis que des relations régulières et satisfaisantes jouent un rôle protecteur. Le bénévolat associatif permet de rester utile, de partager vos compétences et de tisser de nouveaux liens, que ce soit dans le domaine caritatif, culturel, éducatif ou environnemental. Ces engagements nourrissent votre sentiment d’appartenance et votre estime de vous, deux ingrédients essentiels du bien-être psychologique à la retraite.

Les universités du temps libre, clubs seniors, ateliers intergénérationnels ou groupes de discussion offrent également des espaces privilégiés pour échanger, débattre, apprendre et créer ensemble. Participer à ces activités, même une ou deux fois par semaine, structure votre emploi du temps et vous donne des rendez-vous réguliers à attendre avec plaisir. On pourrait comparer ces rencontres à des « vitamines sociales » : prises à dose régulière, elles renforcent à la fois votre moral, votre cerveau et votre santé globale.

Hygiène de vie circadienne : optimisation du sommeil et gestion du stress chronique

Le vieillissement s’accompagne de modifications naturelles du sommeil : nuits plus courtes, sommeil moins profond, réveils nocturnes plus fréquents et tendance à s’endormir et se réveiller plus tôt. Si ces changements ne sont pas forcément pathologiques, ils peuvent impacter votre énergie, votre humeur et vos capacités cognitives s’ils deviennent trop marqués. Une hygiène de vie circadienne consiste à respecter et à soutenir votre horloge biologique interne, en harmonisant lumière, activité, repas et repos. Concrètement, cela passe par des horaires de lever et de coucher réguliers, une exposition quotidienne à la lumière naturelle (idéalement le matin), et la limitation des écrans lumineux en soirée.

Pour optimiser votre sommeil après 60 ans, il est recommandé d’éviter les excitants (café, thé, boissons énergisantes) après 16 h, de dîner léger et suffisamment tôt, et de réserver le lit exclusivement au sommeil (et à la détente), en évitant d’y regarder la télévision ou d’y utiliser des appareils numériques. Si vous faites une sieste, limitez-la à 20-30 minutes et avant 16 h, afin de ne pas perturber l’endormissement du soir. En cas d’insomnie persistante, mieux vaut consulter votre médecin plutôt que de multiplier les somnifères en automédication, qui augmentent le risque de chutes et de troubles de la mémoire chez les seniors.

La gestion du stress chronique joue également un rôle majeur dans votre santé globale. Des pratiques comme la méditation de pleine conscience, la cohérence cardiaque, la sophrologie ou le yoga doux ont montré leur efficacité pour réduire l’anxiété, améliorer la qualité du sommeil et diminuer certains marqueurs inflammatoires. Vous pouvez par exemple pratiquer la cohérence cardiaque trois fois par jour (5 minutes de respiration lente, 6 inspirations-expirations par minute) pour « ré-accorder » votre système nerveux autonome, un peu comme on accorde un instrument de musique. Des ateliers dédiés sont souvent proposés par les maisons de santé, les associations ou les caisses de retraite, en présentiel ou en ligne.

Médication raisonnée : iatrogénie médicamenteuse et déprescription chez le senior polymorbide

À partir de 65-70 ans, il est fréquent de cumuler plusieurs maladies chroniques (hypertension, diabète, arthrose, troubles du sommeil, etc.) et, par conséquent, plusieurs traitements au long cours. Cette polymédication augmente le risque d’effets indésirables, d’interactions médicamenteuses et de perte d’autonomie, un phénomène que l’on regroupe sous le terme d’iatrogénie médicamenteuse. Certains médicaments, pourtant utiles à court terme, peuvent ainsi favoriser les chutes, la confusion, les troubles de la mémoire ou la dénutrition lorsqu’ils sont pris sur de longues périodes sans réévaluation.

Une démarche de médication raisonnée vise à identifier, avec votre médecin traitant ou un gériatre, les traitements réellement indispensables, ceux dont le rapport bénéfice/risque est devenu défavorable, et ceux qui pourraient être simplifiés ou arrêtés. On parle alors de déprescription, c’est-à-dire l’arrêt progressif et sécurisé de certains médicaments (somnifères, anxiolytiques, anticholinergiques, antalgiques opioïdes, etc.). Cette démarche ne signifie pas « tout supprimer », mais adapter vos prescriptions à votre âge, à votre état de santé actuel et à vos priorités de qualité de vie.

Pour faciliter ce travail, vous pouvez apporter à chaque consultation l’ensemble de vos ordonnances, y compris les produits d’automédication, les compléments alimentaires et les plantes. N’hésitez pas à poser des questions simples mais essentielles : « Ce médicament est-il toujours nécessaire pour moi ? », « Peut-on essayer de réduire la dose ? », « Quels sont les signes d’alerte d’un effet indésirable ? ». En optimisant votre traitement, vous réduisez non seulement les risques de complications, mais vous améliorez aussi souvent votre vigilance, votre équilibre et votre confort quotidien. Dans le cadre d’un vieillissement en bonne santé, la qualité prime sur la quantité, y compris en matière de médicaments.